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Kam’ron: “Bandits”, une histoire d’Etat!

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Le cover du single “Bandits” de Kam’ron, sorti au début du mois qui s’achève, est tout aussi expressif que le texte qui le structure. Le protégé de Mike Mef s’interroge à haute voix: “entre les hommes politiques et le peuple, c’est qui les plus bandits?” 

La dernière sortie du label House Party World, “Bandits”, de son égérie Kam’ron est  un vrai pavé lancé en direction des gouvernants. Une allégorie de l’histoire socio – politique de ces 30 dernières années au Gabon.

En effet, en scrutant la couverture de ce titre, on observe que le montage fait un retour sur l’arrestation d’Hervé Obiang Beyeme alias Fantômas, le 30 novembre 1992 à Bitam, relayée à la Une du quotidien national, l’union, le 3 décembre 1992 avec pour titre:« “Fantômas” hors d’état de nuire ». Mort en décembre de la même année à l’infirmerie de la prison de Gros Bouquet à l’âge de 26 ans, Fantômas était considéré comme “Ennemi Public n°1” au Gabon au début des années 1990. Selon l’histoire, cette légende urbaine, malgré tout, est considérée comme le parrain des premiers mouvements de voyous, baptisés “Cool – Mondjers”. De groupes de bandits qui écumaient les quartiers de Libreville et avec les Akébé comme QG.

De la même couverture, on peut y lire « GOC: Un trou de 85 milliards!», de l’union du mercredi, 27 novembre 2019. Une une qui traitait du scandale politico – financier concernant des hauts fonctionnaires de la République. Une situation qui a conduit l’exécutif gabonais à diligenter une enquête appelée: “Opération Scorpion”. Un vaste réseau de corruption et de blanchiment dont la pierre angulaire serait Brice Laccruche Alihanga, ancien Directeur de cabinet du Président Ali Bongo Ondimba. Plus d’une vingtaine de personnes ont été interpellées.

A la lumière de ces rappels, il faut dire que le dernier fait a fortement marqué l’artiste. La gravité de la situation lui inspiré une pédagogie anticonformiste pour amener les jeunes des mapanes à devenir de meilleures personnes. Pour lui, Fantômas ne fut pas plus bandit que Patrichi Tanasa. Les plus anciens pourraient le contester en tenant compte de l’époque. Mais, au regard du passif du crime économique et financier, combiné avec la crise actuel, Kam’ron a des arguments.

C’est donc un véritablement un procès que le jeune rappeur fait aux hommes politiques gabonais donc les politiques non aboutis, les fausses promesses, la mauvaise gouvernance, les détournements de deniers publics, la corruption, etc, sont responsables du chômage des jeunes, de la délinquance, le mal être, la précarité …. <<Le nguembe [la pauvreté] amarre dans le mapane, donc les petits veulent être des bandits>> chante – t – il. Ils doivent “arrêter de choua [voler]” et penser à apporter le développement pour que les choses changent. La production musicale, de Hokube, porte le message sans exclure le rythme.

Pour Tromatix, Séif Mostley & Moukee-Mouk

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